Entre le marteau et l’enclume, un film de Glad Amog Lemra.

I- Présentation de l’œuvre :

Entre le marteau et l’enclume est un film de Glad Amog Lemra sorti officiellement en 2013. Magnifique tableau, ce film peint la société congolaise à travers des scénarios avec des personnages qui pourraient très vite vous devenir familiers !

Ce film qui dure 98 minutes a reçu plusieurs distinctions parmi lesquelles le prix du meilleur film au Festival de Ouidah au Bénin et le prix d’encouragement à Moscou. Aussi, il a eu le mot du Jury au Festival international du film panafricain de Cannes. En 2015, le même film faisait partie de la sélection officielle du FESPACO au Burkina-Faso.

Entre le marteau et l’enclume rend hommage à madame Pauline Moukimou (la mère du réalisateur) , à Dieudonné Batshila Kabongo et à Jacques Loubélo (auteur-compositeur, guitariste et interprète congolais).

Trois langues sont parlé dans le film: français, kituba et lingala.

Les acteurs principaux qui jouent dans ce film sont: Fortuné Bateza dans le rôle d’un pasteur; Sorel Boulingui; Stan Matingou; Janine Lokokou; Clauvice Ngoubili; Christelle Nanda; Vhan Dombo et Octavie Mboyo.

L’équipe ayant participé au tournage du film est constituée, entre autres, de : Jean Clauvice Ngoubili comme assistant réalisateur ; Liesbeth Mabiala comme assistante pour le casting et L&S Entertainment Pictures à la Co-production.

 

II- Qui est Glad Amog Lemra ?

Il est le réalisateur et le co-producteur du film Entre le marteau et l’enclume. Né au Congo Brazzaville, Glad Amog Lemra est un réalisateur,  metteur en scène, poète et cinéaste franco-congolais. Ce film est son second long métrage réalisé dans son pays natal.

 

III- Voyage dans l’univers du film Entre le marteau et l’enclume :

G. Amog Lemra nous place au cœur de la magie des mots qui parlent, chantent, bavardent, pleurent, marchent, racontent une histoire et vivent dans la réalité simplement. Des mots qui décrivent des maux de la société avec une vérité très poignante. Ce film peut communiquer non seulement l’amertume chez les témoins et victimes de ces maux, mais aussi, une prise de conscience chez les faiseurs de ces maux dans nos sociétés.

Le film commence par un groupement d’enfants et adolescents réunis dans un hangar entrain de suivre assurément un écran géant. Après, on voit défiler le quotidien de la ville de Brazzaville à travers le centre-ville, un marché, les ruelles, les avenues, le beach, les activités au bord du fleuve Congo etc… Ces images détaillent en réalité la misère et la pauvreté qui caractérisent la vie des habitants de cette ville. Ils vivent dans la paix mais pas  »en paix » quand on remarque dans le film les coupures inattendues d’eau et d’électricité, pour ne citer que cela.

 

IV- La thématique développée dans cette œuvre du 7ème art :

Il s’agit ici d’une barre d’histoires qui concourent aux thèmes suivants :

La mauvaise gouvernance qui engendre, entre autres, la pauvreté, la corruption, le chômage, le phénomène que les congolais (RDC) ont nommé SOPEKA ( sombéla ngaï, péséla ngaï, kabéla ngaï ¹), multipliant ainsi les antivaleurs dans la société ;

L’abus de pouvoir caractérisée par la mauvaise influence qu’ont certains hommes face à leurs semblables lorsqu’ils acquièrent un bon statut dans la société. Ils deviennent hautains et arrogants. Avec des billets de banque tout frais, ils se révèlent comme une véritable tentation pour plusieurs femmes (célibataires et mariées). Dans ce film, G. Amog Lemra nous raconte l’histoire d’une femme adultère qui va nouer une relation avec le PDG de l’entreprise où travaille son mari juste pour avoir les gâteries que son homme n’arrive pas à lui faire avec son petit salaire ;

La manipulation des pasteurs escrocs qui vivent aux dépens des offrandes de leurs fidèles au nom de Dieu. Un business qui leur garanti la belle vie ;

Les conséquences de l’infidélité ;

La prostitution comme une échappatoire dans une famille où un père retraité encourage sa fille à rapporter de l’argent à la maison ;

Les conséquences du divorce sur les enfants à travers l’histoire d’une jeune fille perturbée par la séparation de ses parents ;

Le viol : cette dernière est abusée sexuellement par son beau-père.

Voilà, entre autres, les thèmes qui animent ce film.

 

V- Une  problématique se pose…

Que suivent ces jeunes à l’écran ? Ils ont l’air concentrés. Ils rient de ce qu’ils regardent et en sont tristes en même temps. La réponse à cette question se trouve dans chaque séquence de ce film.  Ces jeunes sont entrain de regarder en réalité leur société et ses faits. Ils regardent le futur qui leur est destiné. Un futur compris entre l’enthousiasme,  les échecs,  les déceptions,  les rêves,  ect.

 

VI- Que dit le cinéma ?

G. Amog Lemra apporte, en 2013, une touche nouvelle dans le cinéma qui est la stigmatisation des antivaleurs dans nos sociétés. Dans ce film,  cette stigmatisation est propre à la réalité des sociétés africaines.

Il donne au cinéma l’occasion de dire au monde entier les quelques maux qui minent la société dont il est ressortissant. Pour lui, il s’agit d’abord de la poésie. Il l’exprime en ces termes :

«Je viens de la poésie et celle-ci a enfanté le cinéma. Car pour moi, la poésie et le cinéma font  »UN ». C’est juste le support d’expression qui change. En effet, je mets ma poésie à l’image tout simplement.»

À la fin du film, G. Amog Lemra lance un cri d’alarme pour un réveil collectif à travers la chanson de Jacques Loubélo qui a pour titre Congo. La première phrase du texte de la chanson dit ceci:

Congo ! Ékolo na biso, tobonguisa yango, Congo ! ²

VII- Avis personnel :

En suivant Entre le marteau et l’enclume de G. Amog Lemra, je me suis rendue compte que le réalisateur a voulu aller plus loin en montrant le côté pervers des personnages. Comme quoi, il a fallu des scènes quelque peu obscènes, démontrant les déboires dans les foyers, pour dire tout haut ce que vivent dans le secret nos frères, nos sœurs, nos parents et même nous-mêmes. Rien que pour cela, je pense que le film aurait eu une limite d’âge pour ne pas choquer la conscience du plus jeune public.

Au delà de tous les thèmes développés, mon regard se porte surtout sur cette jeunesse qui suit l’écran géant. Aujourd’hui,  dans les sociétés africaines, notamment au Congo, on retrouve une jeunesse qui n’a plus assez d’espoir en son avenir car aucune politique gouvernementale n’est favorable à la réussite de tous dans la vie.

Aujourd’hui encore, le tableau peint par G. Amog Lemra a de nouvelles couleurs avec l’apparition du phénomène bébés noirs. Cela doit nous interpeller tous en tant que familles, écoles et gouvernement car les jeunes qui s’adonnent à cette délinquance sont avant tout des citoyens, des enfants et des élèves.  Cette responsabilité revient à chaque cellule d’éducation selon son rôle respectif.

En ce mois dit de la femme, je saisi l’occasion pour lancer un débat par rapport à la place de la femme dans ce film. Les scénarios montrent que celle-ci est faible, impuissante, manipulable et naïve. Alors, par ces temps qui courent, la femme reste-t-elle une victime dans la société ?

La discussion est ouverte dans les commentaires !

 

VIII- Références :

1- C’est un terme atypique aux sociétés pauvres signifiant ceci : achète moi, donne moi, partage moi.

2- « Congo ! Notre pays, bonfions-le, Congo !

Prix du CD : 10 Euros, soit 6.550 Fcfa.

 

Je recommande vivement ce film à tout le monde, notamment aux africains !

 

La jeune fleur 🙂

3 réflexions sur “Entre le marteau et l’enclume, un film de Glad Amog Lemra.”

  1. Moubika Semayoka Aimetrie Morel

    Grand bravo et force à toi mon cher aîné 🤗💪🏻💪🏻
    J’ai eu la grâce de faire la connaissance de ce grand homme lors des ateliers Jeu d’acteur devant la caméra au Festival International Maloba. Un atelier animé par Glad Amog lui même et nous en sommes sortis très satisfait Puisque l’atelier a été très riche 🙏🏼🙏🏼

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